Brother 3550CV vs Janome 2000CPX

Après avoir éprouvé beaucoup de plaisir à vous partager ma découverte de la Bernina
770QE grâce aux Etablissements Stecker, j’ai proposé à Aline de vous raconter mon
expérience avec la recouvreuse Brother CV3550.

Alors je me lance… Il y a deux ans et demi, lors de la confection des mes premiers vêtements pour ma petite famille, j’ai principalement travaillé le jersey pour confectionner des t-shirts, notamment pour mon grand garçon grâce aux merveilleux patrons PaapiiDesign 1 . Les ourlets à la double aiguille sur la machine Riccar que m’avait prêtée ma grand-mère n’étaient pas concluants. Les réglages de tension du fil n’étaient probablement pas optimaux (débutante et impatiente que je suis).

J’ai donc voulu acquérir une recouvreuse afin de faciliter la couture des ourlets de vêtements en maille. Les magazines Ottobre Design ainsi que les finitions sur certains vêtements de sport m’ont incitée à rechercher une machine permettant le double
recouvrement (et donc l’utilisation de cinq bobines de fils). J’ai donc contacté les Etablissements Stecker en novembre 2018 : Brother est le seul à proposer cette combinaison sur son modèle CV3550. Au vu de mes critères précités, le choix s’est opéré
et je l’ai donc commandée en ligne.

Elle est rapidement arrivée grâce au service de livraison à domicile DPD. L’emballage est réalisé avec grand soin par l’équipe Stecker et donc la machine est arrivée à bon port, dans un état impeccable.

Le déballage fut assez rapide et la machine est somme toute fort légère. C’est en soi un point fort quand on n’a pas d’atelier chez soi et ainsi on peut facilement la déplacer.

La coque est en plastique et c’est solide, mais j’ai déjà réussi à bloquer le bloc coulissant d’accès au boucleur inférieur… et pour décoincer, j’ai, à chaque fois, peur de casser quelque chose. Je reconnais, que je suis parfois un peu dynamique dans mes mouvements… quand on la manie avec douceur et calme, cela n’arrive pas.

L’enfilage du boucleur inférieur en regard d’une surjeteuse, est plus simple car on peut basculer le boucleur pour faire passer le fil. Une fois ceci effectué, il suffit de le coucher dans le « tiroir » et il remonte automatiquement ensuite (ce n’est pas clairement explicité dans le mode d’emploi et je l’ai découvert lors de la formation dispensée chez Stecker).

L’enfilage des aiguilles est clairement indiqué avec un code couleur à suivre et c’est assez simple à effectuer. L’outil pour changer les aiguilles est à conserver précieusement car la tête du tournevis est hexagonale.

L’enfilage du boucleur supérieur est plus méticuleux à réaliser surtout dans ses dernières étapes… Et au final, je m’en sers peu… je perds patience. Surtout que vous le découvrirez plus loin dans l’article, j’ai observé que le recouvrement inférieur sur
l’endroit du vêtement me convient au final très bien.

Pour maîtriser votre recouvreuse (ainsi que votre surjeteuse), je vous conseille de vous plonger dans cet ouvrage « Guide couture surjeteuse et recouvreuse » Editions Eyrolles – disponible aux Etablissements Stecker
Cet ouvrage vous illustre les différentes possibilités de finitions et partage de nombreux conseils avec ces deux machines.
Mes débuts avec cette machine Brother ont été laborieux : hormis les tensions pour lesquelles je tâtonnais dans les réglages malgré la lecture du manuel, les points n’étaient pas réguliers. Je me suis énervée plus d’une fois dessus pendant près d’un an (à
finalement revenir sur ma machine à coudre et à user du point zigzag pour surpiquer ou ourler les finitions des vêtements en jersey de mes enfants).

Aussi, en novembre 2019, j’ai donc suivi la formation dispensée par Nadine aux Etablissements Stecker
(deux sessions de formation sont organisées chaque année : une au printemps, l’autre à l’automne pour les différentes machines de confection vendues chez Stecker – voire même si vous l’avez acquise ailleurs, et qu’ils la vendent également).
J’y ai appris que cette machine avait besoin d’un rodage… vu la quantité d’essais en ligne sur un nombre impressionnant de chutes et les mètres de fils usés sur mes précieuses bobines assorties aux vêtements dans ma précipitation et ténacité à vouloir réussir ici et maintenant, il semblerait que je l’avais, sans le savoir, effectué cet incontournable rodage. La machine semblait donc opérationnelle selon l’œil expert de Nadine.

Pour les tensions des fils, je me perdais en regard du manuel… à noter que le combo gagnant pour la majorité des projets est le 4-4-4-4.
Pour avoir un joli rendu, il est préférable d’utiliser d’une part du fil de bonne qualité (à coudre et non des cônes de surjeteuse). Toutefois, bien que j’aie utilisé du fil à coudre de qualité, les ourlets en double recouvrement réalisés sur un gilet et un béret coordonné en french terry pour ma fille à l’automne 2018 n’ont pas été très résistants dans le temps.

Nadine pose également ce constat. Elle recommande de mettre le recouvrement inférieur sur l’extérieur du vêtement, celui-ci étant plus solide.

D’autre part, monter des aiguilles Schmetz EL X 705 (voire même des EL X 705 SUK pour le jersey).

J’apprécie beaucoup l’usage du pied presseur transparent.

Une recouvreuse permet de coudre avec 1, 2 ou 3 aiguilles. 2 ou 3 aiguilles permettent un recouvrement. Avec 5 fils, on réalise un double recouvrement comme celui réalisé sur ce sweat Strawberry Ice issu du magazine Ottobre design 3/2018.

Ici, sur un tissu plus épais (sweat envers minkee), ce double recouvrement a résisté au temps, ai-je observé cet automne lorsqu’elle jouait à la plaine de jeux (oui oui elles sont rentables les coutures à la maison… 3e saison portée, merci les petits formats).

Tandis qu’avec une seule aiguille, on réalise un point de chaînette. Celui-ci m’a permis de réaliser de l’imitation de broderie. Pour cela je dessine sur l’envers du tissu et c’est le fil d’aiguille qui passe sur mon dessin, tandis que la chaînette apparaît sur  l’endroit :

  • un cœur sur la veste Noah du magazine La Maison Victor pour ma puce ;
  • un ourson sur un tapis de change pour un cadeau de naissance.
    Mais avant tout ce point de chaînette m’a permis de renforcer un pantalon de jogging pour mon garçon, car les coutures avaient lâché lors de la première utilisation.
    Grâce à la formation chez Stecker, j’ai osé passer le cap du fil mousse inséré dans le boucleur. Recommandé pour les sous-vêtements car plus doux (notamment dans le livre mentionné ci-dessus), j’ai testé sur ce boxer avec un fil dégradé de couleur pour mon garçon, ou alors en couleur nude.

La recouvreuse fonctionne avec des tissus mailles (type jersey ou sweat) mais aussi avec des « chaîne et trame ». Je m’en suis servie pour réaliser des ourlets de housse de couette, avant de poser les pressions Color Snaps…

  • l’une tout coton avec ces chouettes dinos et triangles pour mon filleul à mes débuts ;
  • l’autre coton et minkee pour ma Choupinette.
  • Ou encore, ourler une jupe en lin pour ma grand-mère.

Pour réaliser de beaux ourlets, il est recommandé de bâtir ceux-ci au faux-fil. J’avoue contourner cette étape en les réalisant plus hauts et je recoupe ensuite avec le ciseau à bec de pélican trouvé à L’Autre Mercerie (mais aussi disponible chez Stecker), tant pour les jerseys que pour le coton.
Par exemple, lors de la confection de cette housse de couette pour lequel je vous livre les « dessous » de la réalisation.

Ou alors j’utilise les épingles double Clover (également découvertes chez Valérie de L’Autre Mercerie – mais disponibles sur commande chez Stecker)

En cours de rédaction de cet article, j’ai recontacté Aline afin de lui expliquer que je n’étais pas totalement satisfaite de la machine Brother… je peinais donc un peu à vous partager une expérience enjouée… elle m’a donc proposé de nourrir mon récit en comparant cette machine Brother avec la Janome 2000 Cpx… Proposition acceptée avec grand plaisir et à nouveau touchée de leur confiance.

Janome 2000 CPx est arrivée, comme la Brother CV3550, avec le service de livraison DPD… le soin est toujours le même.

Des aiguilles Schmetz EL X 705 sont livrées avec dans la boite d’outils. Je les ai remplacées, en raison de mes projets en cours, par des Schmetz ELX 705 SUK (préférables pour le jersey).

Je l’ai déballée et installée à côté de la première.

Au niveau du boitier-machine, Janome 2000 Cpx est un cran au-dessus, la machine semble plus robuste, les matériaux sont plus lourds. La housse de protection est également de meilleure qualité chez Janome

Côté moteur, aussi il me semble plus costaud… et en effet il gère mieux les surépaisseurs avec mon rythme dynamique de couturière.

Lors des courts extraits vidéos illustratifs vous pourrez vous faire votre propre avis en fonction de votre sensibilité d’oreille mécanique. A noter ² que Janome 2000 Cpx présente la caractéristique «  du nouveau système TLC – Tension Lever Control » sur le dessus de la machine qui permet de régler toutes les tensions en même temps lorsque les tissus sont souples ou les points sont trop lâches. Ce système « empêche le plissement sur du tissu mince ».

² Passages entre guillemets issus de la page de présentation de la machine sur le site Stecker.be https://www.stecker.be/fr/produit=recouvreuse-janome-2000-cpx&id=s74520

C’est en effet un des points faibles que j’ai constaté chez Brother CV 3550 : la gestion des jerseys fins et fluides si agréables en été comme vous pouvez le voir sur haut assorti à la jupe-short. Je suis satisfaite des ourlets réalisés sur la jupe short en jersey coton par Brother CV3550 mais beaucoup moins sur le haut combiné sur lequel j’avais par ailleurs appliqué un petit papillon….

Cette irrégularité sur le t-shirt bleu turquoise ne serait probablement pas apparue avec ce système sur la Janome 2000 Cpx. Un test sur une chute en témoigne. Même lorsque le tissu envers est à fleur de la couture, le tissu est correctement entrainé et le point est régulier.

Elle est aussi équipée du système de serrage du point inférieur STS « Seam Tightening System » qui améliore la qualité du recouvrement inférieur. » ce qui probablement la rend aussi séduisante à mes pratiques de couturière habituée aux tensions automatiques Babylock Imagine 2 et Bernina 770 QE.

Une fois en place, j’ai visionné la vidéo de formation Stecker sur la mise en route de la machine. J’étais parée… et dans l’action, J’ai tout de suite réalisé mes ourlets (sans faire l’étape préalable des tests sur chutes…)

J’étais un peu pressée – convalescente au niveau d’un genou, mais mon fils avait besoin de t-shirts pour rentrer à l’école cet automne… d’habitude je réalise ce genre de couture sur un ou deux jour(s), il m’a fallu une bonne semaine au vu de mon état physique.

Verdict… les ourlets sont précis avec les réglages recommandés sur la page de vente
Stecker ! (photo)

J’ai testé ceux de droite sur le jersey …
Comme vous pouvez le voir sur l’encolure grise en bord côte, le passage de la surépaisseur au milieu du dos est régulière, ainsi que sur l’envers du noir aux éclats de peinture blanche…

Coté enfilage, il est aussi simple que celui de la Brother CV 3550, je n’ai pas observé de grande différence. Juste au niveau du boucleur qui me semble aussi mieux profilé en usinage et qui permet probablement un guidage et une tension du fil plus précis
Petite astuce pour enfiler au niveau du fil du boucleur Janome 2000 Cpx, j’ai tourné le volant pour aligner les 3 éléments du milieu (voir photo 3 broches alignées avec fil argenté)

Au niveau du montage et démontage des aiguilles, le support (qui est aussi l’enfile-aiguille) est super précis (davantage que celui que je possède pour la Surjeteuse Babylock Imagine 2) Par contre, je n’ai pas très bien réussi à maitriser l’enfile-aiguille… Janome 2000 Cpx n’a pas de repère métré de couture tandis que Brother CV3550 bien.


Cela peut être un ennui pour la précision… oui et non… Sur la Brother, je regarde les dimensions du repère imprimé sur le boitier… toutefois en fonction du nombre d’aiguilles cela ne correspond pas toujours.


Ici, j’ai mesuré les 2 cm dont j’avais besoin pour les projets en cours à partir de l’aiguille du milieu et j’ai ensuite posé un morceau de papier collant coloré de la boite de bricolage de mes enfants.

Ce que j’ai trouvé plus pratique finalement, car il est plus long et est un réel guide de couture. Je pense qu’il serait préférable de faire la même chose sur Brother CV3550.

Un guide en option existe chez Janome pour la Cover 2000cpx: Cliquez-ici

La couture avec des surépaisseurs, même irrégulières est réussie avec brio (2 photos cerises argentées) : j’ai réalisé un upcycling d’un vêtement peu porté et cousu il y a deux ans. Je manquais de tissu pour compléter l’empiècement type parmenture sur l’intérieur du poignet… malgré les épaisseurs irrégulières internes, la couture externe est très jolie.
J’aurais toutefois dû mieux préparer mes réglages pour le recouvrement du bas du t-shirt avec du fil métallique.
Si vous me suivez sur Instagram, vous aurez compris que j’aime jouer sur les détails… et avec une recouvreuse, j’aime beaucoup imiter le passage des roues de véhicules de chantier ou agricoles…

En voici quelques-uns réalisés avec la Brother CV 3550.

  • Dans ce merveilleux jersey jaune moutarde avec des tracteurs, en version manches longues ou en version manches courtes ;
  • En rappel sur le bas d’un short ;
  • Ou alors une couture bien marquée sur un sweat léger aztèque.

Et celui réalisé avec Janome 2000Cpx : ce t-shirt vert menthe à l’eau. J’ai juste mis le recouvrement sur l’endroit du tissu.

Lors du test de la Janome 2000 Cpx, j’ai voulu vous montrer le rendu du point de chaînette en version ourlet… j’ai donc imité la trajectoire des flèches des héros imprimés sur le t-shirt de mon grand garçon. J’ai juste mis le recouvrement sur l’endroit du tissu.

Sympa n’est-ce pas ? J’ai également surpiqué avec deux aiguilles les bord-côte étoilés. A nouveau la jonction sur les surépaisseurs latérales, même qu’elles sont couchées du même côté est superbe !

Du côté de la Brother CV3550, quelques astuces collectées au fil de mes coutures et de la formation :

Pour gérer les surépaisseurs des coutures latérales par exemple, afin d’éviter que les points ne sautent, lever le pied sur la vitesse, voire même avancer en tournant manuellement le volant à droite vers soi. Je conserve toutefois une légère irrégularité du point.

J’ai réduit celle-ci en allongeant mon point à 4. Et au final, je suis d’autant plus satisfaite de ces ourlets avec ce réglage.

Pour les deux machines :

Afin d’avoir de jolies finitions – au sens précises – dans un chouette tuto Youtube, une des auteures précitées propose de faire repasser les fils d’aiguille sur l’envers avant d’arriver à la jonction, ensuite de revenir très calmement rejoindre les premiers points.
Dans ce cas-ci également l’usage du volant à la main, plutôt que la pédale peut s’avérer précieux.

Ensuite, on lève le pied presseur, avec un fin outil (sur la Janome l’arrière du pinceau est parfait – voir photos à suivre ci-dessous) on vient tirer les fils d’aiguille vers soi, on les coupe et on tire vers l’arrière le projet. Il ne reste qu’à couper le fil du boucleur et nouer sur l’envers les 6-8 fils présents sur l’envers avant de pouvoir couper les fils.

Exemple sur la Brother CV3550 avec une aiguille de tapissier : On vient donc tirer dans la boucle sur l’envers et sur l’endroit il ne reste aucun fil. Il reste à joindre la couture (jonction facilitée par le pied transparent Brother CV3550) et tirer sur les fils d’aiguille. Et voilà c’est ourlé.

Exemple sur la Janome 2000 Cpx avec l’outil pinceau livré dans les accessoires d’usine. L’utilisation d’un pied transparent améliorerait ou du moins faciliterait la précision de la jonction des coutures.

En conclusion ? Au vu de ma faible utilisation de double recouvrement et de la variété d’épaisseurs des tissus travaillés au fil des saisons, Janome 2000 Cpx me correspond mieux. A vous de voir en fonction de l’analyse de vos besoins.

En bref, Brother CV3550

En bref, Janome 2000CPX

Un ENORME MERCI à Séverine Delcomminette pour son article comparatif. J’espère qu’il vous a aidé dans votre choix d’une recouvreuse et vous à donner l’envie de vous lancer dans pleins de créations !

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